On ne se connaissait pas, mais ta mort me touche. Je n’arrête pas d’y penser. Vous portiez le même prénom, oui, celui-là même qui me poursuivra toute ma vie.

Vous faisiez, presque, le même métier. J’imagine que vous aviez en commun un amour infini pour la vie, celui qui rend immortel, celui qui vous faisait croire que vous l’étiez, immortels.

Et puis un jour, la vie. Cruelle, sombre, elle cueille certaines existences dans la fleur de l’âge, indifférente à tout ce que vous espériez, vous privant de ce que la plupart des gens ont, un avenir.

Je pense à ton décès parce qu’il m’en rappelle un autre, et je me souviens de la souffrance, indicible, lorsqu’on apprend cette nouvelle. Toute une vie à reconstruire, autrement. Je l’ai aimé cet homme. Comme j’aurais peut-être pu t’aimer toi, parce que dans mon cœur, j’ai du mal à laisser de la place pour autre chose que de l’amour.

Ta mort me touche, parce qu’elle me rappelle tout ce que je n’ai plus. Et parce que j’ai déjà vécu cette douleur dont je ne me suis jamais remise, j’ai une pensée pour tous ceux qui t’aimaient en vrai, et je partage leur peine. Personne ne devrait avoir à mourir si jeune, aucun parent ne devrait avoir à perdre son enfant.

Je ne te connaissais pas, mais de là-haut, j’espère que tu le rencontreras lui, la belle âme qu’il était, et que vous veillerez l’un sur l’autre. Et que de temps en temps, vous nous ferez un signe, nous, les vivants, qui avons à continuer sans vous.

(c) Charlotte Giat-Prud’homme – 20 mars 2025

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